Allez ... puisque les faits sont tétus ->
https://iol.co.za/news/south-africa/western-cape/2014-04-26-r400m-contracts-drama-hits-w-cape/Le cœur : près de 400 millions de rands de projets publics du Cap-Occidental ont été annulés, suspendus ou mis en péril après que Filcon Projects a été contrainte de se placer sous « business rescue » (procédure de sauvegarde). Deux chantiers avaient déjà fait scandale : la rénovation de logements sociaux à Manenberg et l'extension de deux écoles primaires à Atlantis (67 M ZAR), tous deux résiliés par la Ville du Cap et la province.
Filcon affichait par ailleurs un carnet de commandes spectaculaire — bâtiment d'ingénierie à l'UCT (150 M), bâtiment de sciences chimiques à l'UWC (178 M), l'hôtel de luxe Vana, les appartements Orangerie, une tour de bureaux de 12 étages pour un opérateur télécoms, etc. Le président de Filcon était Saul Loggenberg, frappé au Royaume-Uni d'une interdiction de diriger une société jusqu'en 2024 par l'Insolvency Service britannique.
La défense de Loggenberg, telle que rapportée :
La sauvegarde s'expliquerait par un manque de capital, des rapports négatifs, des plaintes de sous-traitants et des litiges en cours.
L'interdiction britannique ? une affaire de « tenue de registres inexacte » plaidée au tribunal, qui selon lui ne l'empêche pas d'investir ou d'être impliqué dans des sociétés. Il dit avoir injecté plus de 31 M ZAR dans Filcon — mais ajoute la phrase clé : « je ne dirige pas ces entreprises ».
Les sous-traitants impayés ? Allégations « fausses et inexactes », preuves de paiement à l'appui, personne ne serait dû à Atlantis.
Et la posture générale : il se dit totalement transparent, irréprochable, et « grossièrement présenté de façon inexacte par des personnes vindicatives ».
Ca ne vous rappelle rien?
En face :
La province avait résilié le chantier d'Atlantis pour malfaçons présumées, après avoir déjà payé 35,2 M ZAR à Filcon ; le retard renchérirait le coût de 10 %.
À Manenberg, le chantier avait été arrêté en février après une manifestation de sous-traitants et d'ouvriers réclamant plus de 3 M ZAR ; des habitants relogés dans des conteneurs (parfois fuyards) depuis janvier témoignaient de leur détresse.
Le MEC Robin Carlisle soulignait que c'était la première fois qu'un contractant étranger « blacklisté » obtenait un tel marché, tout en précisant que les vérifications d'arrière-plan avaient des limites et que Loggenberg n'était pas la raison de l'attribution.
Dugmore, alors conseiller spécial à la Présidence et numéro trois sur la liste ANC pour la législature provinciale, réclamait un audit forensique et une enquête de la SIU, jugeant « criminel » que les pauvres en pâtissent.
Donc ...
1. Le bouclier « investisseur, pas opérateur ». En 2014 : il est président de Filcon, y a mis 31 M ZAR, mais « je ne dirige pas ces entreprises ». En 2026 à Béziers : il est l'homme de Skinstad, l'opérationnel de terrain, mais agissant « pour le compte » de présidents absents — d'où ton « je suis là à la demande des investisseurs ». C'est le même geste : occuper le poste de commande tout en renvoyant la responsabilité ultime ailleurs. Il utilise mot pour mot les mêmes phrases qu'il y a dix ans.
2. La minimisation d'une sanction formelle. Une interdiction de diriger prononcée par un régulateur d'État (sanction lourde) requalifiée en simple « tenue de registres inexacte ». Pattern : transformer un constat officiel défavorable en détail technique contesté.
3. Des structures qui laissent les autres exposés. Filcon → sauvegarde, sous-traitants prétendument impayés, chantiers publics à l'arrêt, habitants en conteneurs.
À chaque fois, la détresse financière atterrit sur des tiers (sous-traitants, partenaires, contribuables), pas visiblement sur lui.
4. La communication « rassure-et-dévie ».
2014 : « totalement transparent / irréprochable / personnes vindicatives ».
2026 : « Tout est nickel », Dixicom va voir les partenaires. Confronté, le réflexe n'est jamais la reddition de comptes détaillée, mais le déni global + réassurance + mise en cause des détracteurs.
5. La mobilité juridictionnelle. Royaume-Uni (interdiction) → Afrique du Sud (effondrement de Filcon) → France (ASBH). Il opère successivement dans des juridictions où le passé ne le suit pas facilement — Le Ministre Carlisle reconnaissait lui-même que les vérifications d'antécédents ont des limites. Le « fresh start » dans un nouveau pays est récurrent. Coucou Bob Ménard et co.
6. La concentration du contrôle / le cercle rapproché. À Béziers, installation de proches et de la famille (les fils Loggenberg ...), verrouillage de l'opérationnel tout en répondant nominalement à des principaux absents. Filcon montrait déjà un homme « au centre » que tout le monde traitait comme le décideur, quoiqu'il s'en défende.