Rugby – Pro D2 : "Ce qui se profile est une fin de carrière à Carcassonne, je l’ai toujours dit", Clément Doumenc reprend son histoire avec son club de cœur, l’US Carcassonne
Il avait quitté son premier club un soir de barrage historique de Pro D2 à Nevers en mai 2022, il s’apprête à retrouver sa tunique jaune et noir de coeur. Le troisième ligne aile Clément Doumenc fait son grand retour à l’US Carcassonne à compter de l’été prochain pour un contrat exceptionnel de quatre ans. Le joueur de 29 ans a tout connu sous le maillot du club de la Cité, avant de passer par Montpellier en Top 14 et par Béziers. Entretien exclusif.
Quel est votre sentiment en signant votre retour à l’US Carcassonne ?
Je suis très fier de revenir. Je suis très heureux forcément parce que ce club me tient énormément à cœur, dans lequel j’ai grandi, évolué et franchi les échelons. Je suis très honoré et redevable des gens qui me font revenir. J’ai en tout cas à cœur de leur montrer qu’ils ont bien fait.
Comment se sont passés les échanges ?
J’ai toujours gardé des contacts parce que la plupart des dirigeants sont des amis, que j’ai de très bonnes relations avec l’ensemble d’entre eux. Nous avons discuté de ma situation, ils ont senti l’opportunité, ils ont négocié avec mon agent et nous avons trouvé un terrain d’entente assez rapidement. Les deux parties ont fait des concessions pour trouver un accord.
Et malgré le fait de ne pas savoir dans quelle division l’USC évoluera la saison prochaine…
Dans la négociation, cela a joué forcément, ils ont voulu s’assurer que malgré une potentielle descente, je reviendrais quand même. En signant, je sais où je vais, dans quoi je m’embarque, je connais très bien le club et sa situation. Dans tous les cas, je ne voulais pas négocier en fonction d’une division, les deux options sont des challenges différents et très excitants sportivement. Que ce soit joué le haut de tableau et potentiellement un titre en Nationale, ou le maintien en Pro D2, un objectif que je connais bien.
Après cette saison compliquée à Béziers, l’important pour vous était de retrouver un environnement connu ?
Depuis que j’ai quitté Carcassonne il y a quatre ans, j’ai eu des hauts et des bas, mais beaucoup plus de bas. J’ai vécu deux années de Top 14 à Montpellier plutôt bénéfiques, qui m’ont beaucoup appris, même si elles n’ont pas été comme ce que j’aurais imaginé. Cela m’a montré ce qu’est le haut niveau. À Béziers, j’ai connu beaucoup de pépins physiques, je n’avais jamais connu ça. La première année s’est relativement bien passée, avec un super groupe, Pierre Caillet l’a créé dans un super état d’esprit e on se bat pour avoir une place en phases finales jusqu’à la fin. Je finis capitaine, même si c’est une des saisons durant laquelle j’ai le moins joué. Cette saison est un cauchemar, un long chemin de croix, des blessures, un climat très oppressant dans le club, catastrophique, je n’ai même pas de mot pour le définir. J’ai déjà envie de retrouver un terrain de rugby parce que cette saison sera quasiment blanche, et c’est très dur dans la tête de ne pas avoir la chance de prendre du plaisir. Nous faisons un métier passion, le plaisir est d’être sur le terrain, de jouer et encore plus d’être performant. Et ce n’est pas le cas, malgré ma volonté. Le plaisir avant tout, dans un environnement que je connais, autour de personnes que j’aime. J’ai besoin de ça, je marche beaucoup à l’affectif. Une fois chez moi, de jouer pour ces couleurs, ça n’a pas de prix.
Qu’est-ce que le passage à Montpellier en Top 14 vous a apporté ?
Énormément d’exigence, une méthode de travail où rien est laissé au hasard. Et puis, de toucher ce qui se fait de mieux dans son sport, c’est une expérience que j’ai appréciée, même si elle est mitigée. Le niveau et la façon de s’entraîner me correspondaient pas mal. Disputer des matches de Coupes d’Europe aussi, certains joueurs, meilleurs que moi, ne vont pas avoir cette chance, moi je l’ai eu. Cela n’a pas été fait comme j’aurais aimé, puisque j’aurais préféré rester en Top 14 plus longtemps, mais j’ai pu y goûter. C’est important.
Est-ce que ce retour à l’USC, à 29 ans, sur un contrat de quatre ans, cela signifie que vous finirez ici ?
Sportivement, je ne reviens pas à 34 ans pour une dernière pige un peu sur les rotules. Surtout après une saison où je n’ai pas ou très peu joué. Je reviens avec les dents longues, l’envie de jouer, je suis frais. Mon corps est encore bien, j’ai envie de prouver ce que je suis vraiment, mon vrai visage, et je n’ai pas eu cette possibilité à Béziers. Pour moi personnellement, c’est important. Pour l’avenir, je ne sais pas, je ne sais pas de quoi les opportunités seront faites. Ce qui se profile est une fin de carrière à Carcassonne, je l’ai toujours dit que c’est ce que je voulais. Est-ce que ce sera à la fin de ce contrat ou pas, je ne sais pas, mais je finirais ma carrière en jaune et noir. Et reprendre du plaisir et de la confiance. Quel endroit, quel club, de mieux que de pouvoir le faire chez moi.
Que pensez-vous de la saison de Carcassonne en Pro D2 ?
Je trouve, à l’image du club, que l’état d’esprit est incroyable, irréprochable. Les joueurs se donnent à fond, ça plaît, tout le monde dit de cette équipe qu’elle est résiliente. Nous n’avons pas forcément les plus gros moyens, mais nous avons le cœur et les tripes. Sportivement, ce championnat est très difficile, très relevé, les dynamiques sont difficiles à aller chercher. Ils peinent un peu sur ça, qu’ils se battent jusqu’à la fin sans avoir de regrets. Et on ne sait jamais, tout peut arriver.
Vous allez en revanche retrouver des amis au pied de la Cité.
Je vais retrouver des mecs avec qui j’ai commencé le rugby quand j’avais 10 ans, Romain Guyot, les frères Lorenzon. Romain Manchia était déjà là, Étienne Herjean que je connais un petit peu. J’ai connu aussi Bilal Fadli qui jouait en Espoirs. Le rugby est un petit milieu. L’effectif a changé depuis que je suis parti, mais je pense que l’acclimatation se fera relativement bien.
Publié le 13/05/2026 à 20:18
Article rédigé par Bastien Rodrigues
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