de Gribouille » Lun 13 Juil 2026 09:38
Pro D2 - Béziers : les circonstances du décès de Luqobo Makwedini, qui a plongé l’ASBH dans la sidération
Rémy Rugiero
5 - 7 minutes
L’ASBH a vécu un moment terrible durant la journée du vendredi 10 juillet. Après une séance d’entraînement, son jeune pilier droit Luqobo Makwedini s’est écroulé au sol. Malgré l’intervention des secours, son décès fut prononcé quelques instants plus tard, plongeant le club dans un profond désarroi.
L’effroyable est survenu. Vendredi matin, en fin de séance, les joueurs de l’ASBH en terminaient avec leur entraînement du jour. Après une dure semaine de travail sous une chaleur écrasante, au stade Raoul-Barrière puis au stade de la Gayonne, complexe qui jouxte l’enceinte biterroise, les Héraultais avaient démarré leur préparation ce lundi. Si quelques degrés de moins furent constatés sur le moment par rapport aux derniers jours avec un léger flux marin, la température restait tout de même très élevée. Le département était d’ailleurs sous le coup d’une vigilance jaune canicule pour la journée du vendredi 10 juillet.
Luqobo Makwedini venait de conclure sa séance d’entraînement parmi ses coéquipiers. Il se rendait alors à pied au stade Raoul-Barrière après avoir terminé les ateliers physiques au stade de la Gayonne, les deux enceintes étant séparées de quelques centaines de mètres. C’est alors que le jeune pilier droit s’est effondré sur le bitume, près d’un arrêt de bus. Les secours furent appelés immédiatement. Un malaise cardiaque était alors redouté et la situation semblait désespérée à chaque minute qui passait. Malheureusement, les soins prodigués n’ont pas suffi et le décès a été prononcé malgré l’intervention des pompiers sur place, alors que le transport à l’hôpital, juste à côté, était en train d’être réalisé. Une autopsie va être réalisée en ce sens et devra permettre d’établir les causes précises du décès.
La famille Loggenberg détruite
20 ans, et toute une vie devant lui pour pratiquer sa passion et tenter de rallier l’équipe première de l’ASBH après son arrivée d’Afrique du Sud lors de l’intersaison 2025, Luqobo Makwedini avait atterri dans l’Hérault à l’automne dernier avec ambition. International U18 avec les Springboks, le solide pilier débarqua au centre de formation parmi une dizaine de joueurs recrutés sur le tard. Parmi ce contingent, de nombreux compatriotes comme Dale Arlow, Diesel Van Dyk, Enslin Claasen, Duran Koevort et Hugo Loggenberg. Le dernier cité n’est autre que son frère, puisque Luqobo Makwedini a été adopté par Saul Loggenberg, l’actuel directeur général de l’ASBH. Une fratrie qui s’était d’ailleurs agrandie avec l’arrivée de Monty Loggenberg lors du dernier mercato, et toute la famille était réunie sous le même toit dans le Biterrois. Elle est dévastée aujourd’hui.
"Bibo" comme surnommé affectueusement par ses coéquipiers, était passé par la Wynberg Boys’ High School, une école réputée en Afrique du Sud permettant aux jeunes joueurs d’allier éducation et pratique du rugby. Son cursus l’a donc amené sur les bords de l’Orb avec comme première étape une intégration progressive dans l’équipe espoirs, alors dans la catégorie Élite du championnat de France. Le joueur n’a porté le maillot de l’ASBH qu’à quelques reprises, freiné par des blessures récurrentes au cours de l’année. Cette saison, il participait activement à la préparation intégrale de l’équipe première et Gurthrö Steenkamp, le nouveau manager biterrois, était susceptible de compter sur lui à un poste où Julien Rasamoelina et Luka Azariashvili font office de droitiers, avec le jeune Tubuna Maka qui peut éventuellement dépanner.
La sidération dans le vestiaire
Réuni le samedi matin autour du manager général, le vestiaire s’est retrouvé ensemble afin d’être solidaire et d’exprimer chaque ressenti. L’émotion était forte, l’effroi aussi face à un décès aussi soudain que tragique. Le président Bob Skinstad a pris le premier avion en pareilles circonstances et va se rapprocher de sa formation et surtout du père de Luqobo Makwedini, Saul Loggenberg, pour apporter son soutien et tout ce qui peut être réalisé pour aider la famille dans cette phase de deuil. Certains joueurs, proches du pilier droit, sont particulièrement marqués par cet événement. Un accompagnement ne serait pas de trop après la perte d’un ami réputé pour ses sourires et ses nombreuses facéties, lui qui témoignait d’un sacré tempérament, jovial et festif, dans ses vidéos sur ses réseaux sociaux.
La suite ? S’il est encore trop tôt pour extrapoler quoi que ce soit, le club a communiqué, le soir même du drame, ses orientations : "Nous demandons respectueusement que le club, nos joueurs ainsi que les proches de Bibo puissent bénéficier du temps et de l’intimité nécessaires pour faire leur deuil durant cette période extrêmement difficile. En tant que club, nous sommes profondément affectés par cette disparition. Nous nous rassemblerons dans les jours à venir et communiquerons toute information complémentaire lorsqu’il sera approprié de le faire."
Après le temps du deuil, nécessaire et indispensable, les investigations internes et le résultat de l’autopsie, les circonstances seront foncièrement plus précises. Place désormais au recueillement et à la gratitude envers ses proches car, outre la perte horrible d’un gamin pour la famille et ses proches, son souvenir risque de perdurer longtemps au stade Raoul-Barrière, quand bien même Luqobo Makwedini n’aura jamais porté la tunique rouge et bleu chez les professionnels.
On est toujours le con d'un autre.