de Bleu-Rouge » Mar 12 Mai 2026 13:07
"Cette pelouse, c’est comme une Ferrari" : au stade Raoul-Barrière, on prépare déjà le terrain pour la saison prochaine de l’ASBH
Abonnés
Depuis ce lundi 11 mai, les opérations de scalpage de la pelouse du stade Raoul-Barrière de Béziers ont débuté.
Rugby XV, Hérault, Béziers, ASBH
Publié le 12/05/2026 à 06:31 , mis à jour à 09:45
Article rédigé par Benoit Rouyre
Benoit Rouyre
Midi Libre
Trois jours après le dernier match à domicile de l’ASBH, au stade Raoul-Barrière de Béziers, les préparatifs pour la saison prochaine ont déjà débuté, ce lundi 11 mai, avec des opérations sur la plus belle pelouse de Pro D2.
Au moment de rentrer sur ce pré mythique, la sensation d’être un privilégié se fait tout de suite ressentir. Cette pelouse du stade Raoul-Barrière – ou de la Méditerranée pour les plus anciens –, a ce pouvoir-là, elle qui accueille l’ASBH depuis 1990. Et ce, même si les 12 499 spectateurs de la victoire du maintien de Béziers en Pro D2, lors du dernier match à domicile de la saison, sont retournés dans le tourbillon de leur vie depuis trois jours.
À lire aussi : Dirigeants contestés, frasques de l’entraîneur et du directeur du rugby, joueurs livrés à eux-mêmes... Cette saison, pour Béziers, assurer le maintien a relevé d’une force de caractère rare des joueurs.
"C’est la plus belle pelouse qu’a jamais connue l’ASBH, depuis qu’on est passé à l’hybride, en 2019, décrit Éric Salines, responsable du stade à la Ville de Béziers. Quand je vois les joueurs de l’ASBH ou même adverses, on lit directement sur leur visage qu’ils sont impressionnés par cette pelouse." Son patron, Olivier Pintavy, responsable des équipements sportifs de Béziers résume : "Cette pelouse, c’est comme une Ferrari".
Du sable à de la pelouse hybride
Ce lundi 11 mai, tous deux observent la préparation de la pelouse pour la saison prochaine : depuis le début de la matinée, des ouvriers s’activent à "scalper" l’herbe de Raoul-Barrière. "On le fait tous les deux ans et ça coûte 40 000 €, explique Olivier Pintavy. Enfait, c’est comme un gommage pour la peau. Là, on enlève environ 15 mm du sol, ensuite on va mettre 200 tonnes de sable sur tout le terrain, on aère, on dispose de l’engrais et on sème."
À côté des deux employés municipaux, à l’extérieur du stade, un tas de sable et un autre d’herbe découpée sont entreposés, comme pour montrer la transition entre l’un et l’autre. "Les deux tas c’est la même chose, détaille encore Olivier Pintavy. Enfait, cette pelouse, de base, c’est du sable. Après l’avoir semé et mis de l’engrais, ça se transforme en terrain de rugby."
A gauche, les 15 mm de pelouse retirés par le scalpage alors qu’ils étaient, à l’origine du sable (à droite).A gauche, les 15 mm de pelouse retirés par le scalpage alors qu’ils étaient, à l’origine du sable (à droite). Midi Libre - B. R.
Prochain rendez-vous, le match de la Feria
Sur le terrain de Raoul-Barrière, justement, le ballet d’engins se poursuit. Un ouvrier conduit un tracteur tirant la machine pour effectuer ce scalpage pendant qu’un autre conduit une benne pour recevoir la terre recrachée juiste à côté.
Mais pourquoi une telle opération est indispensable pour la pelouse biterroise ? "Si on ne le fait pas, le pâturin annuel, qui est une mauvaise herbe, se répandrait de partout, répond Éric Salines. Le problème de cette mauvaise herbe, c’est qu’elle s’arrache bien plus facilement que le reste et on aurait des trous de partout."
Pas l’idéal, quand on s’appelle l’ASBH dont la pelouse a été désignée plus belle de Pro D2 cette saison, encore (voir encadré). "Il va falloir entre six et huit semaines pour qu’elle redevienne impeccable, prévient Éric Salines. Il faut qu’elle soit "bijou" pour le prochain match à Barrière, le match de la Feria."
Le choix payant d’une pelouse hybride
Au moment de demander au patron des équipements sportifs de la Ville, la raison de ce passage à une pelouse hybride, en 2019, Olivier Pintavy n’est pas avare d’une nouvelle comparaison, pour que les non-initiés comprennent au mieux. "Si vous voulez faire les 24 Heures du Mans, c’est mieux d’avoir une Ferrari plutôt qu’une Dacia", sourit-il.
Longtemps raillé pour être un stade ouvert avec ce vent qui s’engouffre, la disposition de Raoul-Barrière n’est pas étrangère au bon développement de cette pelouse. "Grâce à ça, le terrain respire, il est plus ensoleillé donc il a plus d’oxygène et souffre moins des maladies", décrit Olivier Pintavy.
Au départ, le choix de cette pelouse hybride a été quelque peu contraint par la présence de l’ASB en Ligue 2 de football. Finalement, il a permis aux rugbymen biterrois de pleinement exprimer leur potentiel. "Il y a beaucoup moins de risque de blessure car la pelouse ne s’arrache pas, il n’y a que très très peu de trous donc ça évite les torsions des chevilles ou des genoux, abonde Olivier Pintavy. Par exemple, sur une mêlée, les joueurs n’ont pas à faire attention où poser leurs appuis. Pourquoi elle s’arrache moins ? Parce que le brin d’herbe naturel s’enroule autour d’une fibre synthétique de 20 cm qui tient solidement au sol. Avant, on mettait une trentaine d’heures pour remettre la pelouse en état. Maintenant, on n’a besoin que de deux heures."
Le choix de la Ville de Béziers s’est retrouvé payant puisqu’en 2020 et 2021, la pelouse de Raoul-Barrière a été désignée plus belle pelouse de France, Top 14 et Pro D2 confondus. Récompensée avec une présence dans le top 5 français cette année, elle a de nouveau été sacrée en Pro D2. "On a deux contrôles par an et ils font des tests de près de 3 h 30, informe encore Éric Salines, aidé à l’année par deux autres jardiniers. C’est du boulot mais on est des passionnés. On est cinquième de France cette année alors que d’autres structures sont gérées par des entreprises privées et que nous, c’est la Ville. C’est une fierté de plus."
ASB : "PATRIMOINE IMMATÉRIEL DE BÉZIERS" !
CE qui ne tue pas rend plus fort".
"La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque fois"!