de JM » Mer 26 Aoû 2026 15:22
Alain Estève, feuille de route, ambitions : un séduisant Gurthrö Steenkamp plante le décor de la saison de l’ASBH ML de ce jour
A la veille de la reprise de la Pro D2 et la réception d’Oyonnax (19h30), le nouveau manager de l’ASBH, Gurthrö Steenkamp, a réalisé sa première conférence de presse. Le Sud-Africain, à l’image de ce qu’il transpire dans le vestiaire, dégage une appréciable sérénité et sympathie. Dans un Français parfait, l’ancien Springbok a expliqué sa feuille de route pour Béziers.
La Pro D2 démarre ce vendredi. Comment vous sentez-vous ?
Comme je le disais dans la semaine aux joueurs, j’ai l’impression que c’est comme ma première feuille de match pour l’Afrique du Sud. Il y a cette excitation, même sur le côté entraîneur et manager. J’ai hâte. Je suis très satisfait avec notre préparation, de l’attitude des joueurs. C’est un nouveau groupe. On a mis plein de choses en place pendant les deux mois de préparation. Comme on dit en France, c’est le money-time. C’est là qu’on va voir tout ce qu’on a travaillé.
Commencer face à un gros morceau comme Oyonnax, ça oblige l’équipe à être prête tout de suite ?
Bien sûr. Mais le plus important, c’est notre comportement. C’est ça qui m’intéresse. Je n’ai même pas passé beaucoup de temps à regarder ce que fait Oyonnax, même si on sait ce qu’ils vont nous proposer. Le plus important, c’est nous, rendre fier notre public.
Vous êtes arrivé en juin avec un sacré chantier à mener… Êtes-vous satisfait de votre été et rassuré d’avoir pu vous renforcer à temps ?
Franchement, je tiens à souligner que j’ai beaucoup de soutien de la part de la direction, des bureaux. J’ai été très bien accueilli. Certes, il reste très peu de temps pour préparer la saison, pour faire le recrutement. Mais comme j’ai dit aux mecs, il y a des choses que nous, on ne peut pas maîtriser. Donc on fait le maximum avec ce qu’on a. Maintenant, je suis vraiment rassuré de nos qualités, de ce que j’ai vu pendant la préparation, de voir notre évolution en tant qu’équipe. Je suis étonné, ça fait huit semaines qu’on se prépare et je n’ai pas entendu un Français râler (rire).
"Il est trop tôt pour fixer des objectifs définitifs"
Êtes-vous satisfait de votre été et rassuré d’avoir pu vous renforcer à temps ?
Au fur et à mesure, on fait grandir notre effectif, c’est bien. Mais ce n’est pas encore fini. On a encore quelques recrues qui vont venir. Je pense que le groupe a aussi été rassuré de voir des piliers et des trois-quarts arriver. Je pense que je n’ai jamais vu nos entraîneurs aussi souriants et brillants devant tant de monde sur le terrain (sourire). Maintenant, je dois en choisir 23 pour jouer le match et j’ai pris le temps.
Quels sont les objectifs fixés ?
On s’est dit que c’était trop tôt pour en fixer des définitifs. Le but, pour le moment, est de reconstruire un environnement qui sied à tout le monde, créer des vraies valeurs, mettre une dynamique en place, progresser, retrouver l’identité biterroise. Il faut recréer les fondations parce qu’il y a un projet sur le long terme pour ce club. Moi, je prends tellement de plaisir à découvrir les histoires de Béziers. Là, je viens de lire le livre sur "La bête de Béziers", le grand Alain Estève, c’est énorme.
Bref, tout ça pour dire qu’on veut faire un très bon premier bloc avec une attente particulière sur les comportements des mecs.
Je dis souvent aux joueurs que le maillot, il n’est pas à nous, ça appartient au public. Puis je leur demande : que représente ce maillot pour toi ? On vit dans une période de réseaux sociaux, mais moi je veux savoir ce que pense vraiment le mec, je veux retrouver les valeurs du rugby, une vraie relation entre nous, staff, joueurs et bureaux.
"L’excitation monte"
Et c’est votre première expérience de manager…
Je m’en fous de moi. Le plus important, ce sont les joueurs, ce qu’ils veulent faire de leur public, pourquoi ils sont là.
Après, forcément, l’excitation monte. Jusqu’à maintenant, je dormais bien, je me levais à 4h30, tranquille. Maintenant, je lève vers 2h, j’ai des idées, je note sur mon cahier. J’ai le cerveau qui tourne. J’ai vraiment hâte d’être demain soir.
Vous parlez d’identité biterroise. Vous la percevez comment sur le terrain ? Une grosse conquête, par exemple ?
Oui, on va essayer de retrouver une grosse conquête. Je ne dis pas qu’on va avoir en une grosse tout de suite, mais on travaille pour. C’est pour ça qu’on a mis un schéma en place, une stratégie claire. On veut retrouver l’identité biterroise mais trouver la nôtre aussi. Le grand Béziers, c’est terminé. Demain soir, c’est une opportunité d’écrire notre histoire.
Ça peut prendre du temps ?
Ça va prendre du temps. C’est pour ça qu’on prépare vraiment ce premier bloc avec de l’humilité. Parce que je pense que pour les joueurs, il y a tellement de pression à Béziers, parce qu’ils sont toujours rappelés par l’histoire, et je comprends. Quand tu regardes l’histoire d’Estève quand il était enfant, c’est terrible, et il a réussi. Donc je m’appuie sur ça pendant la semaine pour dire aux gars qu’ils sont privilégiés, qu’ils ne sont pas contraints de faire du rugby.
Avez-vous choisi votre capitaine ?
Oui. Ça va être une bonne surprise.