et au fait ....
Comptes Beziers Rugby 2025
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## ANOMALIES CRITIQUES
**1. Le résultat exceptionnel détruit un club opérationnellement rentable**
C'est le fait comptable le plus frappant de l'exercice. Le résultat courant avant impôts est positif à +€699,967. Mais le résultat exceptionnel est de -€1,123,515, ramenant le résultat net à -€423,548. Le détail des charges exceptionnelles révèle plusieurs problèmes superposés :
- Provisions prud'hommes Baches : €193,000 (€150K risque + €43K charges sociales afférentes)
- Provisions prud'hommes Caillet : €429,000 (€300K risque + €129K charges sociales afférentes)
- URSSAF audit 2022+2023 : €112,151
- Abandon C/C CCV Brasserie : €169,399
- Pénalité URSSAF/remboursement aide COVID : €34,535
- "ENGAGT DON ASSO" : €190,796 — **cette ligne est inexpliquée et anormale pour une SASP professionnelle**
Total contentieux social identifié : €738,686. Ce montant pour deux seuls individus (Baches et Caillet) indique une rupture brutale et mal gérée de contrats de travail, avec un risque réel de condamnation prud'homale important. C'est un signal de gouvernance RH défaillante.
**2. Les abandons de compte courant à CCV Brasserie Côté Vestiaire — une anomalie répétée**
Le commentaire de l'annexe (version commissaire aux comptes, page 66) révèle que ce n'est pas un événement isolé :
- 30/06/2024 : abandon de €200,000
- 30/06/2025 : abandon de €169,399
- Total abandonné : €369,399
Auxquels il faut ajouter le prix d'acquisition du fonds en janvier 2021 (€116,257) et la provision à 100% sur ce même fonds commercial. Total ASBH absorbé sur CCV : environ €485,000 pour une brasserie de stade au CA de €527,362. C'est économiquement intenable. La clause de "retour à meilleure fortune" est théoriquement protectrice, mais elle ne peut s'activer que si ASBH reconstitue ses propres capitaux propres à plus de 50% du capital social — ce qui est actuellement impossible. L'argent est perdu en pratique.
**3. La dette "Groupe et Associés" — €994,739 apparue de nulle part**
Au 30/06/2024 : €5. Au 30/06/2025 : €994,739. Soit une progression de pratiquement €1M en un seul exercice. Cette ligne est classée à moins d'un an dans l'état des échéances, ce qui signifie qu'elle est exigible immédiatement. L'annexe n'en dit absolument rien. C'est une anomalie majeure : une dette de cette nature et de cette ampleur envers des actionnaires/groupe devrait faire l'objet d'une note explicative, précisant les conditions (taux, durée, objet). Son absence de justification est en elle-même un signal de gouvernance.
cf. les prets de leverage que j'avais identifié en novembre ... les voila !
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## SIGNAUX SIGNIFICATIFS
**4. Les charges sociales en baisse de 34% — incohérence avec l'audit URSSAF actif**
Les salaires progressent de +12% (signe d'effectifs ou de rémunérations en hausse), mais les charges sociales chutent de €1,292,454 à €847,282 (-€445,173). Cette asymétrie est difficile à justifier économiquement. En contexte d'audit URSSAF sur les exercices 2022 et 2023 (provision de €112,151), elle soulève la question d'une sous-déclaration ou d'un traitement comptable qui retarde la constatation des charges. À surveiller de très près.
**5. Les produits constatés d'avance multipliés par 14**
€54,256 en 2024 → €766,174 en 2025. Dans un club de rugby professionnel, cette ligne correspond typiquement à des abonnements encaissés d'avance, des droits de naming, ou des partenariats pluriannuels encaissés en avance. Une variation de cette ampleur peut indiquer soit une très bonne activité commerciale (encaissements anticipés de partenariats), soit une optimisation de trésorerie qui améliore artificiellement l'exercice en cours au détriment du suivant. La trésorerie passe de €1.17M à €1.93M dans la foulée — les deux sont liés.
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## FRAGILITÉS STRUCTURELLES
**6. Les capitaux propres sous le seuil légal — procédure de l'article L225-248**
Capital social : €8,106,660. Capitaux propres : €634,510. Le report à nouveau cumulé est de -€8,292,799 — il dépasse désormais le montant du capital lui-même. Les capitaux propres représentent 7,8% du capital social, soit très loin sous le seuil légal de 50%. L'assemblée générale a formellement constaté cet état. La loi impose alors soit une reconstitution des fonds propres dans les deux exercices suivants, soit une dissolution anticipée. C'est une épée de Damoclès réglementaire.
**7. 99% de la dette à moins d'un an**
Sur un total dettes de €3,624,328, seuls €32,481 sont à plus d'un an. Le reste — €3,591,847 — est exigible dans les 12 mois. Dont le €994,739 groupe/associés, €1,080,216 de dettes fiscales et sociales, €283,834 fournisseurs, €766,174 produits constatés d'avance à résorber. La structure de financement est entièrement court-termiste. Si la dette actionnaire n'est pas reconduite ou convertie, le club fait face à une crise de liquidité dans l'année.
**8. La masse salariale à 54% du CA — ratio tendu**
Salaires + charges = €4,450,696 sur un CA de €8,183,852. Le ratio de 54% est dans les normes Pro D2 (la LNR encadre la masse salariale sportive, mais la charge totale est à surveiller). Le point de tension est que ce ratio monte si les revenus stagnent, et les subventions publiques — qui représentent 10,6% des produits totaux — sont en recul.
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## LECTURE D'ENSEMBLE
Le club produit un résultat d'exploitation positif (€682K) sur un CA en légère croissance (+3%). L'outil opérationnel fonctionne. Mais la société accumule depuis des années des erreurs de gouvernance qui se matérialisent en charges exceptionnelles massives : une filiale brasserie non maîtrisée, des ruptures de contrats de travail qui finissent aux prud'hommes pour des montants disproportionnés, et des provisions URSSAF sur des exercices anciens. Le résultat net négatif n'est pas une défaillance commerciale — c'est le coût de décisions passées mal exécutées.
Le risque systémique à surveiller en priorité : la dette groupe/associés de €995K exigible dans l'année, combinée à des capitaux propres de €634K. Si cette dette ne fait pas l'objet d'une conversion en capital ou d'un accord de subordination formel, le club pourrait techniquement être en situation de cessation de paiements potentielle d'ici fin 2025/début 2026. Le commissaire aux comptes n'émet pas de réserve sur la continuité d'exploitation — ce qui signifie qu'il a probablement reçu des assurances sur la nature et le traitement de cette dette actionnaire. Mais l'absence d'explication dans l'annexe reste une faiblesse documentaire notable.